La crise n’affecte pas les jeux en ligne

Paradoxalement, les Français aiment toujours autant jouer malgré le climat économique plus que morose, au vu des dépenses faites par les Français pour le loto, les couses, les jeux de grattage ou au casino.

Tel est le résultat de l’observation des recettes recueillies en 2008 par les trois principaux opérateurs que sont le Pari mutuel urbain (PMU) pour les courses de chevaux, la Française des Jeux pour les lotos et jeux de grattage, et les 197 casinos de l’Hexagone.


Les Français toujours accros aux jeux en ligne

En 2008, la crise économique n’a pas affecté les jeux puisque les Français ont dépensé pas moins de 2,4 millions d’euros par heure auprès de l’un ou l’autre de ces opérateurs soit 21,018 milliards d’euros. Une somme quasi équivalente à celle dépensée en 2007 (20,947 milliards d’euros). A ce propos, Robert Rochefort, président du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) déclare que « les Français ont maintenu le niveau de leurs dépenses de jeu, devenu un objet de consommation comme un autre. Le jeu n’a pas souffert de la crise car l’argent en tant qu’objet a de plus en plus d’importance dans la société ».

Pourtant l’année 2008 avait commencé sous de mauvaises augures avec la mise en application de la loi relative à l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics qui inquiétait très fortement les buralistes. Finalement « l’interdiction de fumer a surtout pénalisé les jeux qui fonctionnent sur un mode très répétitif », souligne le Professeur Jean-Luc Vénisse, directeur du pôle universitaire d’addiction et de psychiatrie au CHU de Nantes, qui observe qu’« il n’est pas certain que la crise, qui provoque précarité et difficultés économiques pour des ménages, soit directement corrélée avec le niveau des sommes consacrées au jeu.»

Des bénéfices qui varient entre les trois principaux opérateurs

Si la Française des jeux, avec 9,203 milliards d’euros de recettes affiche un léger repli de -1,1 %, le Pari Mutuel Urbain (PMU), a quant à lui « fait preuve d’un gros dynamisme », relève François Turcy (sénateur UMP et auteur de deux rapports d’information sur les jeux de hasard et d’argent, en 2002 et 2006) et ce, alors qu’il se prépare à l’ouverture à la concurrence du marché des paris sportifs en ligne ( bookmakers ), imposée par l’Europe d’ici la fin de l’année. Au total, le PMU a engrangé en 2008 9,262 milliards d’euros soit une hausse de +4,8 %.

Les casinos, qui ne communiquent jamais leur chiffre d’affaires global, accusent une baisse historique de 8,4 %. Mais selon Jean-Pierre Martignoni « la hausse du prix de l’essence cette année n’est pas étrangère aux difficultés des casinos ». Peut-être que l’interdiction de fumer ainsi que les contrôles obligatoires aux entrées des casinos ne sont pas étrangers à cette baisse pour les 197 casinos qui ont engendré 2,553 milliards d’euros de produit brut des jeux. Une nouvelle tendance : les jeux de pronostics

Les Français ont depuis toujours l’habitude d’acheter le journal et de prendre un jeu de grattage en même temps, pour une somme modique, d’autant plus que les jeux de grattage ne cessent de se multiplier. Mais il semble qu’ils aient adopté une nouvelle manière de jouer. On constate aussi un report sur les jeux de pronostics. En effet, le « Loto sportif », « Côté match » ou « Côté score », trois produits lancés par la Française des Jeux qui ne font pas appel au hasard mais à des connaissances sportives, connaissent un franc succès et sont en plein croissance.

Il faut à cet égard souligner l’importance de la publicité faite autour des jeux que ce soit à la radio ou à la télévision. En un mot, même en temps de crise, les Français aiment toujours autant gratter.