L’autre matin, en prenant mon café, je tombe sur un témoignage qui m’a un peu scotché. Un mec, grande école, envoie 270 CV via LinkedIn avant de décrocher un truc. 270. Je l’ai relu deux fois pour être sûr.
Et franchement, ça m’a fait réfléchir à ma propre relation avec ce réseau que je scrolle sans trop y croire depuis des années.
Le mythe du profil optimisé qui décroche des jobs tout seul
On nous vend LinkedIn comme LE truc à maîtriser pour sa carrière. Photo pro, bannière soignée, résumé bien pensé, mots-clés partout. J’ai joué le jeu, comme tout le monde. Résultat : quelques messages de recruteurs sur des postes qui n’avaient absolument rien à voir avec mon profil, et deux-trois « formations » à 2000 balles qui me promettaient de devenir consultant en « leadership augmenté ».
Le truc c’est que la plateforme, au fond, reste un immense marché où l’offre dépasse largement la demande sur beaucoup de secteurs. Quand tu lis qu’un diplômé d’école prestigieuse envoie près de 300 candidatures, tu comprends que le « déclassement » dont parlent les journaux n’est pas un fantasme. C’est mathématique.
Être actif, ça sert vraiment à quelque chose ?
La question revient tout le temps. Est-ce que poster, commenter, liker aide vraiment à trouver un boulot plus vite ? Perso, je dirais oui… mais pas de la façon qu’on croit.
Les études évoquées récemment dans la presse le montrent : les personnes actives sur le réseau retrouvent effectivement du travail plus rapidement. Mais ce n’est pas parce qu’elles publient des posts inspirants sur « les 5 leçons de mon burn-out ». C’est parce qu’être actif, c’est un peu comme une mécanique qui fusionne arcade et stratégie : entretenir un réseau, entrer en conversation, être vu par les bonnes personnes au bon moment.

Nuance de taille.
Top Companies 2026 : la liste qui fait fantasmer
Chaque année, LinkedIn sort son classement des meilleures boîtes où faire carrière en France. L’édition 2026 vient de tomber et, comme toujours, on y retrouve les gros noms du CAC 40, quelques scale-up bien senties, et des groupes internationaux qui investissent dans la mobilité interne.
Ce que je trouve intéressant dans ce classement, ce n’est pas tellement le podium (spoiler : c’est toujours à peu près les mêmes) mais les critères. Progression de carrière, développement des compétences, stabilité de l’entreprise, opportunités de mobilité, diversité, présence de l’entreprise en région. Ça donne des indications concrètes pour quelqu’un qui hésite entre plusieurs opportunités.
Ce que j’en retiens :
- Les grosses structures continuent d’attirer parce qu’elles offrent des passerelles internes (changer de métier sans changer d’employeur, ça reste un luxe rare)
- Le secteur du conseil et de la tech reste surreprésenté, sans surprise
- Certaines boîtes industrielles remontent, portées par la réindustrialisation et les enjeux énergétiques
- Les entreprises qui misent sur la formation continue prennent des places dans le classement, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle
Hiring Assistant : quand l’IA débarque dans le recrutement
Le nouveau bébé de LinkedIn, c’est Hiring Assistant. Un outil qui promet aux recruteurs de moins passer de temps à trier des CV pour se concentrer sur « la découverte de talents ». Sur le papier, c’est vendu comme la fin des candidatures qui restent lettre morte.
En pratique, on verra. J’ai un a priori positif parce que le tri manuel de 400 CV pour un poste, personne n’aime ça, ni les recruteurs ni les candidats qui reçoivent un mail générique deux mois plus tard. Si l’IA permet de repêcher des profils atypiques (ceux qui n’ont pas les mots-clés parfaits mais l’expérience réelle), tant mieux.
Mais bon, il y a aussi le risque inverse : que l’algo enferme encore plus les gens dans des cases. À suivre.
Cette histoire de pari sur l’algo, ça me fait un peu penser à d’autres domaines où on mise sans trop savoir sur quoi on tombe, un peu comme quand un pote m’avait raconté ses soirées sur Lucky31 et que j’étais allé voir ici par pure curiosité. Sauf qu’ici, l’enjeu c’est ta carrière, pas ta soirée.
Ce que j’ai changé dans mon approche
Après avoir lu, testé, discuté avec des gens qui ont trouvé (et perdu) des boulots via LinkedIn, j’ai revu ma façon d’utiliser la plateforme. Pas de méthode miracle, juste du bon sens.
Arrêter de postuler à tout
Envoyer 270 CV, c’est du désespoir organisé. J’ai plutôt tendance à cibler 10-15 postes qui me parlent vraiment, à personnaliser chaque approche, à trouver quelqu’un dans la boîte pour engager la conversation avant même de postuler. Le taux de retour est incomparable.
Publier avec parcimonie
Je ne suis pas devenu un « LinkedIn creator » (pitié, jamais) mais je poste peut-être une fois toutes les trois semaines quand j’ai vraiment un truc à dire. Un retour sur un projet, une réflexion sur mon secteur, un article que j’ai trouvé pertinent. Ça suffit largement à rester dans le radar sans devenir cringe.
Cultiver le off-LinkedIn
Le plus gros levier pour ma carrière ces deux dernières années ? Des cafés en vrai. Des événements où je suis allé sans agenda précis. Un ancien collègue croisé par hasard dans le métro. LinkedIn a servi de catalyseur, pas de moteur.
Les nouveautés côté contenu qui changent la donne
Depuis quelques mois, la plateforme pousse fort sur les brèves d’actualité, les recommandations de contenus personnalisées, et met en avant ses Top Voices. L’idée : devenir aussi un endroit où on s’informe, pas juste où on cherche du taf.
Je trouve ça pas mal, sincèrement. Le fil est devenu un peu plus lisible, les recos sont moins random qu’avant. Après, il faut faire attention à ne pas passer une heure par jour dessus « pour la carrière » alors qu’on scrolle en fait pour le dopamine hit habituel. J’ai mis un timer, ça aide.
Est-ce que LinkedIn vaut le coup en 2026 ?
Oui. Mais pas comme une solution magique. Comme un outil parmi d’autres, à utiliser avec un peu de recul et beaucoup moins d’espoir naïf.
Le mec aux 270 CV a fini par trouver, d’ailleurs. Pas grâce à sa 270ème candidature, mais grâce à quelqu’un qu’il connaissait vaguement et qui a poussé son dossier en interne. Comme quoi.